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SpeechPublished on 10 September 2026

OSCE Economic and Environmental Forum: The importance of anticipating new technologies in the work of the OSCE (fr)

Prague, 10.09.2026 — Speech by State Secretary Alexandre Fasel at the OSCE Economic and Environmental Forum in Prague. Check against delivery

Monsieur le Ministre,

Monsieur le Secrétaire général de l’OSCE,

Excellences,

Mesdames et messieurs,

Je suis honoré d’être parmi vous et de m’exprimer au nom de notre président en exercice Ignazio Cassis, retenu en Suisse par ses obligations gouvernementales.

C’est dans cette magnifique ville de Prague, en janvier 1992, que les ministres de la CSCE de l’époque ont décidé de créer ce Forum, alors uniquement économique.

La guerre froide venait de prendre fin. Les économies se transformaient. Les adversaires de la veille se retrouvaient engagés dans une nouvelle interdépendance.

Un autre monde était en train de se bâtir et la question posée à nos prédécesseurs était la suivante :

Comment l'OSCE pouvait y contribuer pour assurer au mieux la stabilité et la sécurité européenne ?

Plus de 30 ans ont passé depuis, et nous voilà réunis à notre tour à Prague.

Ce forum intègre désormais les aspects environnementaux et technologiques propres à notre temps.

Et pour cause : les événements climatiques extrêmes se multiplient ; nos chaînes d’approvisionnement, nos infrastructures et nos systèmes énergétiques sont soumis à de fortes pressions ; la fragmentation géopolitique s’accentue ; et une accélération scientifique et technologique sans précédent modifie nos économies, nos sociétés, mais aussi nos rapports de force.

Le monde n’en finit pas de changer, mais la question qui se pose à nous reste essentiellement la même :

Comment notre organisation peut-elle rester utile à notre sécurité commune face à ces bouleversements ?

Mesdames et Messieurs

Avant toute chose, nous devons comprendre les transformations en cours et leurs conséquences pour notre sécurité commune.

C’est dans cet esprit que la présidence suisse souhaite inscrire nos travaux d’aujourd’hui.

En mai dernier, la conférence de l’OSCE sur l’anticipation des technologies organisée à Genève nous a permis de poser un premier diagnostic :

L’anticipation est devenue une nécessité politique.

Fort de ce constat, le président Ignazio Cassis avait formulé trois orientations :

  • Identifier tôt
  • Evaluer ensemble ; et
  • Coopérer de manière pragmatique

À l’issue de la conférence, plusieurs participants nous ont posé une question très légitime :

What now ? Et maintenant ?

Comment faire en sorte que ce que nous avons commencé à Genève trouve une traduction dans le travail de l’OSCE ?

Prague et ce forum constituent la prochaine étape de notre travail pour déterminer quelle est la valeur ajoutée de l’OSCE en matière d’anticipation.

Concrètement, la présidence suisse identifie trois pistes :

1.     Premièrement, intégrer davantage l’anticipation dans les domaines où l’OSCE travaille déjà.

Les transformations technologiques affectent les trois dimensions de notre Organisation.

Dans la seconde dimension couverte par ce forum, nous constatons déjà des effets concrets en matière de cybercriminalité, de sécurité énergétique, de protection des infrastructures et sur la résilience de nos économies.

Anticiper signifie ici observer les évolutions en cours dans ces domaines, discuter de leur impact potentiel et décider ensemble des mesures à prendre – autrement dit avant que d’autres ne décident à notre place.

2.     Deuxièmement, améliorer notre compréhension commune des nouveaux défis.

Nos 57 États n’ont pas toujours les mêmes intérêts. Et ils ne partagent certainement pas la même appréciation sur tous les risques.

Nous ne parviendrons donc pas toujours à nous accorder sur la réponse politique à apporter. Mais cela ne doit aucunement nous empêcher de chercher une meilleure compréhension commune du problème !

C’est ici que la diplomatie scientifique peut apporter une contribution très concrète.

L’interaction entre la science et la diplomatie nous aidera à distinguer les tendances de fond des effets d’annonce ; à identifier plus tôt certaines vulnérabilités ; et à baser nos décisions sur des faits – et non des slogans ou des idéologies.

3.     Troisièmement, l’OSCE doit utiliser les connaissances qui existent déjà pour soutenir ses membres.

Notre organisation ne doit pas se lancer dans la recherche quantique ou dans l’astrophysique !

Elle doit être un connecteur entre ceux qui possèdent les connaissances et ceux qui portent la responsabilité de la décision.

Un connecteur entre les États membres et les connaissances issues des universités, des centres de recherche – comme le CERN, des organisations telles que GESDA à Genève, d’autres organisations internationales ou du secteur privé.

Mesdames et Messieurs,

L’OSCE a été construite sur une conception globale de notre sécurité.

Ce dénominateur commun résiste à nos fractures actuelles : le fait que nous ayons pu nous accorder sur la tenue de ce Forum en est une solide démonstration.

Mais un Forum ne prend tout son sens que s’il produit un suivi.

C’est pourquoi j’aimerais que nos discussions ici à Prague nous permettent de progresser sur trois questions très concrètes :

  • Quels risques émergents méritent une attention commune de l’OSCE ?
  • Dans quels domaines une expertise scientifique partagée pourrait-elle améliorer notre compréhension et notre réaction ?
  • Où pouvons-nous commencer à coopérer de manière pragmatique ?

Si nous voulons façonner les règles de demain, tout en protégeant les principes qui nous lient depuis plus de 50 ans, nous devons agir avant que les technologies ne transforment nos sociétés… sans nous.

C’était l’ambition de Genève. Prague doit nous aider à la traduire en action.

Je vous remercie.